Laissez moi vous conter l’histoire d’une lainière dans une de nos si  belles fermes normandes !

Avec plaisir Le Village des Sens se permet de vous parler d’Hannah, elle créé ses teintures au naturel.

Elle teint elle-même sa laine, à partir de teinture naturelle qu’elle réalise avec soin.

Tout commence l’été

    Fleurs TeintureHannah se rend tous les trois jours dans le jardin de la Ferme de la Berouette, à Caligny (Orne)

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Elle y récolte des fleurs, des cosmos sulfureux plus précisément. La fleur aux couleurs de feu fleurie de juillet à septembre, et a la particularité de pousser d’autant plus qu’on en cueille les fleurs.

Une aubaine pour Hannah, qui utilise cette plante pour en faire de la teinture naturelle. « Elle donne une couleur d’orange à jaune clair.
Une fois son panier plein, Elle peut mettre à sécher la récolte. Il est aussi possible d’utiliser des plantes fraîches ou sèches.

Pour teindre 100 grammes de tissus ou de laine, il faut 100 grammes de fleurs séchées ou 200 grammes de fleurs fraîches.

Le travail de la laine

En parallèle de son travail des plantes, Hannah doit préparer la laine. Après la récolte et la tonte, elle envoie par paquets de centaines de kilos sa tonte à une industrie française. La laine est triée puis elle est restituée sous la forme d’écheveaux à la productrice.

Echeveaux de laine

Les conditions d’élevage et de tonte sont des critères importants, auxquels une grande attention est accordée par Hannah.

Plus l’éleveur prend soin de ses animaux, plus la laine est belle et résistante, et moins il y a de pertes.
Elle travaille donc avec des éleveurs locaux prêts à respecter ces critères.

La teinture

   Travail des FleursUne fois les fleurs de cosmos séchées, Hannah les fait bouillir dans de l’eau jusqu’à atteindre 85°C, puis laisse le mélange refroidir, avant de filtrer le jus. Dans son atelier, des bidons de 200 litres contiennent ainsi de la teinture. « On peut utiliser plusieurs fois le même liquide, la couleur sera juste un peu moins intense au fil du temps »
La laine passe d’abord par le mordançage, une étape qui permet d’absorber la teinture et la fixer. Pour ce faire, elle est plongée dans une grande cuve en inox de 400 litres.
Hannah soulève le couvercle de la cuve et plonge ses mains pour attraper les écheveaux.
Le fixateur est un mélange d’eau, de crème de tartre et d’alun de potasse, et j’utilise le plus possible de l’eau de pluie par souci d’écologie et d’économie.

Un procédé long

Une fois cette étape terminée, place à la teinture. « C’est un procédé assez long, il faut respecter les températures pour que la laine reste de bonne qualité et que la teinture soit belle et la couleur vive. »
Pour l’instant, deux cuves à disposition, une petite et une moyenne, dans lesquelles  la teinture se réalise.

La teinture est dans le fond de la cuve, et la laine y est plongée. Il faut environ cent litres de teinture pour un kilo de laine. La température est surveillée et  le mélange tourné avec une grosse cuillère en bois.
La cuve monte en température jusqu’à 85°C, puis le mélange repose et refroidi doucement. Une étape qui dure environ deux heures. La laine est ensuite sortie et mise à sécher. « Ça peut prendre une journée en été comme plusieurs jours en hiver. »

Des vertus surprenantes

Que ce soit avec des fleurs de cosmos ou d’autres plantes, le procédé utilisé par Hannah pour teindre sa laine est toujours le même. Des gestes répétitifs et manuels qu’elle réalise avec passion dans son atelier.
Le procédé de teinture industriel est très récent, il a environ deux siècles, et est au final très nocif pour la nature et les hommes.
Alors que la teinture naturelle est respectueuse de l’environnement et a des vertus, relate Hannah Wenger : « L’indigo par exemple, a des propriétés anti-UV, c’est pour cela que les Touaregs portent cette couleur, et la garance est un antiseptique naturel. Le pantalon des poilus était d’ailleurs plongé dedans pour éviter les septicémies en cas de blessure, illustre-t-elle. Les plantes ont quelque chose de plus à apporter. »