Le Cookeo est entré dans ma cuisine un peu par défaut. Un cadeau, une curiosité, l’envie de gagner du temps les soirs de semaine où tout s’accumule. Je l’ai utilisé, rangé, ressorti et finalement gardé. Pas parce qu’il a changé ma façon de cuisiner, mais parce qu’il a pris une place précise que rien d’autre n’occupait aussi bien.
Ce que je veux dire ici n’est ni un test produit ni un publireportage. Juste ce que j’ai observé après des années d’usage régulier : ce que l’appareil fait bien, ce qu’il fait moins bien, et pourquoi la question « faut-il un Cookeo ? » mérite une réponse honnête plutôt qu’enthousiaste.
Ce qu’il réussit sans discussion
Les cuissons longues, c’est son terrain. Un bœuf bourguignon en semaine, des lentilles corail sans surveillance, un poulet qui tombe de l’os sans que j’aie eu à y penser pendant deux heures. Le mode cuisson sous pression réduit le temps de façon significative tout en conservant une tendreté difficile à obtenir autrement à la casserole sur feu vif. Pour ce type de plats, il tient vraiment ses promesses.
Il y a aussi le côté « je lance et je passe à autre chose ». Ce n’est pas rien quand on rentre tard, qu’un enfant attend, que la journée a été chargée. La cuisson automatique avec les recettes guidées intégrées est franchement pratique pour les débutants, ou pour les soirs où on n’a tout simplement pas envie de réfléchir. Je ne l’utilise plus beaucoup, mais je comprends pourquoi elle rassure.
Les légumineuses et les céréales sont peut-être ce qu’il prépare le mieux. Pois chiches, haricots secs, riz complet : des cuissons qui demandent normalement du temps et de l’attention se font sans y revenir. C’est là, selon moi, la vraie valeur ajoutée de ce type d’appareil, au-delà du marketing autour des plats mijotés.
Ses vraies limites
La première et la plus franche : il ne saisit pas vraiment. La fonction « dorer » existe, mais elle ne remplace pas une poêle chaude avec un fond de beurre clarifié. Les viandes manquent de croûte, les oignons fondent sans caraméliser vraiment. Pour les plats où la réaction de Maillard compte, c’est-à-dire presque tous les plats savoureux, il faut souvent passer par la poêle avant d’enchaîner avec la cuisson sous pression. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ce n’est pas le gain de temps qu’on imaginait.
Il y a aussi une question de texture. Les légumes cuits sous pression ont tendance à devenir mous. Pour une soupe mixée, peu importe. Pour une ratatouille où chaque légume doit avoir son caractère, c’est autre chose. On peut ajuster les temps, tricher un peu, mais on n’obtient pas ce qu’une cuisson lente au four ou à la cocotte classique donnerait naturellement.
Et puis, il y a ce que je n’aurais pas su formuler au début : cuisiner a une dimension sensorielle que cet appareil court-circuite. L’odeur qui monte progressivement, le bruit de la mijoteuse, le fait de goûter et d’ajuster en cours de route. Avec le Cookeo, le couvercle reste fermé. On lance, on attend le signal, on soulève. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat. Pour les plats du quotidien où le but est d’avoir quelque chose de bon dans l’assiette sans y passer la soirée, c’est parfait. Pour les recettes où le plaisir est aussi dans la préparation, il passe à côté.
Pour qui ça vaut vraiment le coup
Si vous cuisinez souvent des légumineuses, si les plats mijotés font partie de votre cuisine régulière, si vous avez des soirs où le temps manque mais où vous refusez de vous rabattre sur des plats industriels, alors oui : le Cookeo (ou n’importe quel multicuiseur de ce type) a du sens. Il ne simplifie pas la cuisine dans l’absolu. Il simplifie certaines cuissons spécifiques.
Ce que j’ai compris avec le temps, c’est qu’il ne remplace pas la cuisine, il en décharge une partie. La partie technique, chronométrée, répétitive. Le reste, l’envie d’un bon repas, le soin mis dans un assaisonnement, le plaisir de nourrir les gens qu’on aime, ça ne se délègue pas à un appareil. Et c’est très bien ainsi.

Je m’appelle Mélaine Lecardonnel. Juriste de formation, reconvertie dans la rédaction et le digital en 2012, je construis des projets web depuis bientôt 15 ans. Basée à Nîmes depuis quelques mois, j’ai choisi de créer un site plus personnel en parallèle de mes missions pour mes clients et de mes projets professionnels pour ma société. C’est un espace pour écrire autrement, sans contrainte algorithmiques, sur des sujets qui ont plus de place dans nos vies qu’on ne le croit.