Quelles plantes d’intérieur sont sans danger pour les chats ?

Un pothos aux longues tiges retombantes ou une belle touffe de dracaena peuvent facilement redonner du caractère à un angle oublié du salon. Mais c’est sans compter notre chat qui considère apparemment que toute plante à portée de moustaches est un buffet ou un terrain de jeu. Résultat : avant d’acheter quoi que ce soit en jardinerie, la question de la toxicité d’une plante s’impose d’elle-même.

En effet la liste des plantes toxiques pour les félins est, hélas, beaucoup plus longue qu’on ne l’imaginerait.

Ce que « toxique » veut vraiment dire

Le mot fait peur, à juste titre, mais il couvre des réalités très différentes. Certaines plantes provoquent simplement une irritation de la bouche ou de l’estomac si le chat en mâche les feuilles. C’est désagréable mais pas dramatique. D’autres, comme les lis (tous les Lilium et Hemerocallis), peuvent entraîner une insuffisance rénale aiguë après ingestion, même en très petite quantité. La différence entre les deux n’est pas toujours visible à l’œil nu et le chat, lui, ne lit pas les étiquettes.

Les symptômes à surveiller après un contact suspect : salivation excessive, vomissements, léthargie, tremblements. Si vous observez l’un de ces signes et qu’une plante vous semble en cause, le plus simple est d’appeler un vétérinaire sans attendre. Le CAPAE Ouest (Centre anti-poison animal) est également disponible 24h/24 au 02 40 68 77 40.

Les plantes à éviter absolument

Le pothos (Epipremnum aureum) est peut-être la victime la plus injuste de cette liste. Il présente de nombreux avantages : décoratif, increvable, idéal pour les débutants. Mais il contient des cristaux d’oxalate de calcium qui irritent fortement la bouche et l’œsophage. Le philodendron, souvent proposé comme alternative au pothos, pose les mêmes problèmes pour les mêmes raisons. Le dieffenbachia, avec ses grandes feuilles panachées, peut provoquer un gonflement des muqueuses suffisamment sévère pour gêner la respiration.

L’aloe vera mérite une mention spéciale car sa réputation de plante bénéfique (pour nous) crée parfois une fausse impression d’innocuité universelle. Les saponines qu’il contient sont irritantes pour les chats et peuvent causer des vomissements et de la diarrhée.

Quant aux lis : il sont absolument ) éviter si vous avez des chats. Le risque est trop sérieux.

Des alternatives qui tiennent leurs promesses

La bonne nouvelle, c’est que le choix reste largement ouvert. La calathea, avec ses feuilles graphiques aux motifs presque géométriques, est non toxique et apporte ce petit côté jungle domestique qu’on aime. L’orchidée phalaenopsis (celle qu’on trouve partout, qui fleurit et refleurit si on ne la noie pas) est également sans danger. Le palmier areca donne de la hauteur et de la légèreté à une pièce sans menacer personne.

Les broméliacées, souvent sous-estimées, ont un avantage discret : leurs feuilles épaisses résistent mieux aux coups de dents de circonstance. L’haworthia, cette succulente compacte aux allures de plante préhistorique, est une des rares de sa famille à ne pas poser de problème (contrairement à l’aloe, donc).

Et puis il y a l’herbe à chat (avoine, blé ou orge germés) qu’on peut faire pousser soi-même sur un rebord de fenêtre. Elle a le mérite de canaliser l’intérêt du chat vers quelque chose qui lui est destiné, ce qui laisse théoriquement les autres plantes tranquilles. Théoriquement.

Aménager avec un chat sans renoncer au vert

Le placement compte autant que le choix des plantes. Les étagères hautes, les suspensions, les terrarium fermés permettent de garder dans son intérieur des variétés plus délicates sans laisser le champ libre. Un chat déterminé trouvera toujours un chemin, certes, mais mettre de la distance réduit déjà considérablement les occasions.

Il y a aussi quelque chose de rassurant à n’avoir que des plantes dont on sait qu’elles sont inoffensives : on cesse de surveiller chaque interaction avec l’œil inquiet. Le chat peut mâchouiller une feuille de calathea sans déclencher une panique.